Le Rossignol et autres fables

2 août 2011, Denise Martel, Le journal de Québec

Ravissement

Après avoir été acclamé partout où il a été présenté, de Toronto à New York, en passant par Aix-en-Provence, où il a été sacré meilleure production de la scène lyrique par la critique, Le Rossignol et autres fables de Robert Lepage a triomphé, mardi soir, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre devant un public médusé par tant de beauté et d’originalité.

Présenté en deuxième partie, Le Rossignol a provoqué le ravissement. Il en a mis plein la vue et le coeur avec tous ces personnages colorés, brillamment manipulés, puisque la majorité d’entre eux sont représentés par des marionnettes et interprétés par une distribution de haut calibre, qui n’a pas craint de se mouiller pour ce faire.

Faut-il rappeler que pour cet opéra absolument unique, tout ou presque est inversé. Les interprètes, vêtus d’un habit de plongée camouflé par leur costume, baignent dans la fosse d’orchestre remplie de 70 000 litres d’eau, tandis que les musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec, sous la direction de Johannes Debus, sont complètement à l’arrière de la scène avec, entre les deux, les chanteurs du Choeur de l’Opéra de Québec qui ont chacun leur marionnette. L’effet est aussi impressionnant que beau à voir.

Autres fables Quant aux autres fables que le public a la chance d’apprécier en première partie, là aussi c’est le ravissement. La simplicité des dessins d’enfants combinée à l’imaginaire débordant de Robert Lepage, additionnées d’un soupçon d’humour font de ces fables un réel plaisir.

Après une pièce musicale servie par l’orchestre en formation réduite, voilà qu’on nous annonce des Chansons paysannes et que des formes commencent à apparaître sur le grand écran de tissus blanc, tendu derrière les musiciens et chanteurs. C’est un retour en enfance pour la majorité des gens dans la salle.

Tous se souviennent avec amusement avoir un jour ou l’autre créé des ombres d’animaux pour émerveiller les plus jeunes et c’est exactement ce qui se passe avec ces fables. Mais le plus extraordinaire, non seulement on voit très bien les mains s’agiter, se coller ou se superposer pour provoquer des images, ceux à qui elles appartiennent sont juste là sur un genre d’estrade monté sur le côté.

Le public s’amuse autant à voir les petits animaux qui se dessinent sous leurs yeux que de les voir travailler en direct. A tel point qu’on en oublie presque les chanteuses et choristes qui pourtant ont de fort belles voix. Berceuses du chat avec la soprano Svetlana Shilova est particulièrement adorable. Les quatre chants paysans russes interprétés cette fois par quatre chanteurs aux voix et à la gestuelle voluptueuse font mouche à tout coup.

La finale avec Renard alors que ce sont cette fois cinq acrobates qui se déplacent derrière l’écran pour créer les formes et les mouvements est tout simplement fantastique. Robert Lepage avait tout à fait raison quand il nous confiait en entrevue que Le Rossignol et autres fables est un spectacle pour la famille. C’est une merveilleuse occasion d’initier les enfant ou même de s’initier à l’opéra!

 
 
 
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