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Opéra impossible, oratorio lyrique, opéra de chambre, légende dramatique : le chef d’œuvre romantique de Berlioz, créé dans sa version sans décors à l’Opéra Comique en 1846, ne cesse de tourmenter chefs et metteurs en scène, désireux de porter l’ouvrage à la scène. N’en déplaise à Hugo pour lequel seule la poésie suffirait à enflammer les cœurs et nourrir les passions de l’âme, la musique écrite par Berlioz est un pur envoûtement, une source de féerie miraculeuse. La partition est flot impétueux, immense vague de matière musicale, océan d’images, de couleurs et de climats qui résument tous les idéaux romantiques. Porté par le texte de Goethe - lu dans la traduction de Nerval -, Berlioz s’est répandu sans souci des contraintes imposées par les planches. C’est donc un défi à la vraisemblance théâtrale.
La dernière production de l’œuvre à l’Opéra Bastille à Paris, il y a déjà un an, en juin 2001, nous a démontré combien l’ouvrage problématique suscitait à l’inverse de sa déconcertante “abstraction musicale”, de superbes dispositifs visuels réglés par Robert Lepage, et même provoquait des installations expérimentales dignes de la fosse, alors électrisée par le génial Seiji Osawa.
Voici une nouvelle équipe qui reprend l’œuvre mythique à Bruxelles, au théâtre de La Monnaie. Sous la direction d’Antonio Pappano (Photo ci-contre), dans un “déploiement scénique” conçu par Roland Aeschlimann, l’opéra de Berlioz occupera le haut de l’affiche jusqu’à la fin juin avec une distribution vocale plutôt prometteuse : Susan Graham, que l’on vient d’entendre dans “Idomeneo” à l’Opéra Garnier, sera Marguerite. Jonas Kaufmann et William Joyner interprèteront le rôle écrasant de Faust. Fidèle, déjà présent dans la production parisienne de Bastille, José Van Dam jouera Méphistophélès. Quant au personnage de Brender, il sera tenu par Henry Waddington.
Courrez avant les grandes messes du bicentenaire de la Naissance, à partir de 2003, entendre ce nouveau Berlioz : comme conclusion à une saison lyrique particulièrement ambitieuse, Bruxelles aux côtés de Paris, n’a pas dit son dernier mot pour célébrer le plus grand créateur français du romantisme musical. Opéra La Monnaie de Bruxelles, Du 29 mai au 30 juin 2002.