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La Flûte enchantée - magie noire au service de la lumière

Le 1 août 2018, Mickaël Bergeron, Voir

La Flûte enchantée, l’une des plus célèbres œuvres de Mozart, est revisitée par Robert Lepage pour le Festival d’opéra de Québec et éventuellement au MET de New York. Sans aucun doute un baume dans cet été tumultueux pour le metteur en scène qui a eu une ovation avant même que le spectacle ne commence au Grand Théâtre.

Résumé rapide de l’intrigue pour ceux et celles qui connaissent les airs mais moins l’histoire : un jeune prince se fait promettre le coeur de la fille de la Reine de la nuit, mais pour ça, il doit combattre Sarastro qui l’a enlevée, mais finalement, ce dernier n’est peut- être pas le vrai méchant de l’affaire et le jeune héros au coeur pur trouvera finalement l’amour en découvrant la vérité.

Cette œuvre regorge de mystères, de références maçonniques et d’éloges à Isis et Osiris et Robert Lepage s’est donc permis de s’amuser allègrement avec les illusions! La grande force de cette Flûte enchantée repose sur cette mise en scène qui semble simpliste, mais qui, en fait, cache de multitudes tours de magie noire (la technique d’illusions, pas la sorcellerie), de jeux d’ombres et de lumières, de précisions techniques et d’illusions d’optique.

Tout au long de la pièce, presque trois heures tout de même, des personnages sortent et disparaissent de nulle part. Du plancher, du décor, du plafond, des rideaux, si bien que parfois, comme le personnage principal, le public peut bien se demander lui aussi où l’on se retrouve exactement, et qui sont ces personnages qui vont et viennent.

Le coup fumant est dans le premier acte lorsque la Reine de la nuit fait son apparition, sortant d’un fond étoilé, plusieurs pieds au-dessus de la scène. Il ne faut toutefois pas oublier les costumes qui sont magnifiques, colorés et étincelants, sans aucun doute le ciment de cette production, à la hauteur de la mise en scène.

Je sais que cette pièce est un chef d’oeuvre, mais comme bien souvent lorsque je vois d’autres grands classiques, je me demande à quel point nous sommes obligés de le faire intégralement. L’histoire avance très, très lentement. Si ceci permet aux interprètes de nous dévoiler leurs grands talents – ce qui est un des plaisirs de l’opéra, je suis toujours troublé de voir à quel point, à cette époque, on ressentait le besoin d’expliquer plusieurs fois les mêmes choses, comme si on avait peur que le public ne comprenne pas.

Bien que la pièce pourrait aisément alimenter des discussions sur la liberté artistique – comme la volonté de la faire intégralement ou de quelle manière ne doit-on pas toucher à des éléments caricaturaux – aucun scandale autour de cette valeur sûre, et ce, malgré quelques flous sur les intentions de Mozart avec cette pièce.

Aucun doute, non plus, que cette Flûte enchantée de Robert Lepage sera une valeur sûre du Festival d’opéra de Québec.

 
 
 
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