Inspiré à Stravinsky par des gravures de William Hogarth (18e siècle), cet opéra cyclothymique aux accents surréels emprunte chez Ex Machina un look américain des années 1950.
Le rideau se lève sur Ann Trulove et Tom Rakewell qui badinent au champ près d’un derrick à pétrole. Au lointain, un écran panoramique montre un paysage texan où d’autres derricks pompent la richesse des Trulove. En réponse à un souhait lancé par Tom - I wish I had money! -, Nick Shadow émerge du derrick pour annoncer à Tom qu’il hérite d’un oncle inconnu. Instruments du plan de Shadow pour se gagner l’âme de Tom, apparaîtront tour à tour du sol un studio de tournage, une roulotte gonflable, une voiture, une piscine, un cimetière, etc.
Rapidement déçu de sa nouvelle vie, Tom sombre dans l’alcool et la drogue. Geste d’éclat, il épouse Baba the Turk - une femme singe - un soir de grande première. Peu après, à bout de patience, il noie sa femme dans leur piscine. Dernière tentative pour retrouver sa dignité, il investit dans la télévision naissante, invention qui doit nourrir les masses. Mais il perd tout dans ce noble projet. Pendant l’encan tenu pour dilapider ses biens, Baba ressuscite. Elle confirme à Ann que le jeune homme l’aime toujours.
Tom et Nick règlent leur compte dans le cimetière des enseignes de Las Vegas, où Rakewell reconnaît enfin avoir affaire au diable. Tom gagne au jeu. Avant de descendre en enfer, Shadow le frappe toutefois de folie. Devenu Adonis, entouré par ses congénères internés, Tom rencontre une dernière fois Ann, sa Vénus. Son palmarès défile, éclaté, sur la télévision commune, en alternance avec des gros plans en direct, finale émouvante d’une carrière météorique.